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L’économie de l’archipel
Introduction
L’économie de ce Territoire, restée traditionnelle, est assez peu monétarisée. La majeure partie des productions est autoconsommée et les échanges demeurent limités. Les principales activités sont l’agriculture et l’élevage principalement porcin et avicoles (poulets de chair et œufs). La pêche, qui a fait l’objet d’importants efforts de la part des pouvoirs publics, ne suffit pas encore à couvrir l’ensemble de la demande locale mais devrait bénéficier à moyen terme d’une amélioration des conditions, de son développement avec la construction programmée d’un port de pêche. La forêt, surexploitée, dans le passé, a fait l’objet de programmes de reboisement qui porteront leur fruit prochainement.
Pêche
Le lagon de Wallis, de dimension modeste, est une zone de pêche dont l’exploitation devra être maîtrisée pour en garantir la durabilité. Seule la pêche de type artisanal est pratiquée dans l’archipel. Les pêcheurs (environ 350) utilisent la ligne ou le filet mais aussi le fusil sous-marin et la sagaie. Les produits de cette activité, effectuée à bord des pirogues ou des bateaux à moteur, sont estimés entre 200 et 300 tonnes par an et sont autoconsommés en totalité par la population de ces îles. Ce tonnage ne suffit d’ailleurs pas entièrement à la demande locale.
La collecte de trocas, coquillage utilisé pour la fabrication de boutons, est une des rares activités économiques procurant des devises au territoire (exportation vers l’Italie). Malgré le peu de résultats des différentes mesures passées de soutien à la filière pêche artisanale, l’importance de la zone économique exclusive (ZEE) du territoire (266.000 km2), devrait permettre le développement d’une flotille de pêche hauturière que la construction prochaine d’un port de pêche devrait faciliter.
Agriculture
A Wallis et Futuna, le développement de l’agriculture rencontre de nombreux handicaps :
à la faible superficie de l’archipel, au relief accidenté, dans le cas de Futuna, il faut ajouter le mode traditionnel de culture alternant deux ou trois ans d’exploitation et une longue période de jachère,
le statut foncier coutumier qui rend pratiquement incessibles les parcelles cultivables en raison du nombre élevé des ayants droit
et, enfin, dans une moindre mesure, l’appauvrissement des sols.
La surface agricole utile se situe entre 0,25 et 0,50 hectare par famille. Ces conditions permettent difficilement, à la production agricole, de couvrir les besoins en produits vivriers (taros, igname, manioc, bananes, fruits et noix de coco) pour l’autosubsistance. La majeure partie des produits frais de consommation de type occidental (fruits et légumes) est importée par voie aérienne ou maritime d’Australie, de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Calédonie.
L’élevage porcin est en progression et un nombre croissant d’éleveurs construisent des porcheries avec leurs propres moyens, souvent modestes. On recense actuellement une trentaine d’élevages de ce type à Wallis, trois seulement à Futuna. L’archipel compte près de 30.000 porcs, ce qui laisse loin derrière l’élevage bovin très peu implanté avec une cinquantaine de têtes. L’objectif majeur de cet élevage porcin réside dans l’usage des animaux dans le cadre de cérémonies coutumières.
Au cours de ces dernières années, des élevages de poulets de chair et de poules pondeuses se sont développés mais la production d’œufs reste encore insuffisante pour satisfaire la demande locale, et se heurte à la concurrence des produits d’importation de moindre qualité.
Forêt
Les forêts de Wallis et Futuna souffrent des conséquences du défrichement agricole et des nombreux feux de brousse. Seule Alofi, une des îles de l’archipel de Futuna, possède encore un massif forestier relativement préservé que l’exploitation de bois d’œuvre menace cependant. Les produits de la forêt qui servent à la production de bois d’œuvre et de charpente (poteaux, embarcations) et de bois de feu viennent désormais à manquer. Le service de l’économie rurale, de la pêche et de l’artisanat (SERP) a, au cours des trente dernières années, soutenu une action de reboisement. L’année 1994 a été marquée par l’importance des reboisements puisque plus de 90 hectares ont été plantés en pins des Caraïbes sur l’ensemble du Territoire.
Artisanat
L’artisanat, essentiellement pratiqué par les femmes, est une des rares ressources économiques de Wallis et Futuna. Les produits jadis utilitaires et encore employés lors des cérémonies coutumières se sont, depuis l’ouverture du territoire vers l’extérieur, transformés en articles décoratifs. Les tapas, sorte de panneaux réalisés à partir de l’écorce battue du "tutu" (mûrier à papier) et décorés avec des peintures végétales sont très prisés dans le Pacifique. On confectionne aussi des nattes unies ou polychromes, des objets en vannerie et des colliers de coquillages. Cette production, qui fait vivre 300 personnes, est exportée vers Nouméa et Tahiti.
L’artisanat de Wallis et Futuna souffre cependant d’un manque de débouchés et de la concurrence des pays étrangers comme Fidji ou Samoa qui peuvent assurer une production plus importante et à des prix plus compétitifs. Presque chaque village possède maintenant son atelier de fabrication d’objet d’artisanat. Cette activité permet d’amener dans les foyers quelques ressources non négligeables. Pourtant, malgré les efforts des associations, le développement de ce commerce bute sur les coûts d’acheminement vers l’Hexagone et l’Europe qui rendent difficile sa commercialisation.
La sculpture sur bois compte aussi quelques artisans de talent qui ont peine à satisfaire la demande locale.
Commerce
Le secteur commercial est toujours aussi dynamique et représente, pour l’année 2001. 28 % des patentes souscrites.
Il convient de distinguer les gros importateurs, à la fois grossistes et détaillants, des petits commerces de proximité. Les premiers sont généralement installés depuis plusieurs années et ont développé progressivement leur activité. Ils bénéficient d’une clientèle régulière et sont assurés de débouchés stables.
Tourisme
L’activité touristique est encore très peu développée sur le territoire. Les îles Wallis et Futuna sont isolées, peu connues et très éloignées des marchés émetteurs ou même des relais que pourraient constituer l’archipel des Fidji (à 800 km), la Polynésie Française (à 2.800 km) et la Nouvelle-Calédonie (à 2.100 km).
Cependant, le territoire possède quelques atouts. En premier lieu, son authenticité par le mode de vie encore très traditionnel de ses habitants et des manifestations coutumières nombreuses. D’autre part, un certain nombre de sites naturels attrayants et bien préservés, lacs de cratère, îlots et lagons à Wallis, forêts et plages d’Alofi...
Enfin, le patrimoine culturel est relativement riche, forts et sépultures tongiens à Wallis, site du Père Chanel (canonisé en 1954) à Poï (Futuna). Mais ces atouts ne sont pas encore exploités et trop peu d’activités peuvent être proposées à d’éventuels touristes, mais on peut signaler à Wallis un golf à 6 trous, un club de plongée et un aéro-club (3 ULM).
Transports
Le Territoire des îles Wallis et Futuna est desservi régulièrement par trois compagnies maritimes, la Compagnie Moana navigation (CMN, à laquelle a succédé Moana Shipping en 2001, siège à Mata’Utu), la Pacific Direct Line (PDL, siège à Auckland, N-Z) et la SOFRANA (la Sofrana fait une rotation tous les 25 jours). Ces deux premières compagnies ont un accord de partenariat commercial pour le transport de fret et utilisent le Southern Moana (tous les 20 jours).
Au total, 33 touchées de navires ont été recensées à Wallis en 2001. Sauf exceptions, tous les navires de commerce touchant Wallis passent également par Futuna.
L’extrême éloignement et isolement du Territoire confère à sa desserte aérienne une importance vitale. Cette desserte, extérieure et intérieure, est actuellement assurée par une seule compagnie, Air Calédonie International (AIR CALIN). Le territoire est desservi par un aérodrome international situé dans le district de Hihifo, au nord de Wallis.
Bien que le nombre de mouvements d’avion soit encore en recul (11 vols en moins par rapport à 2001), le nombre de passagers est en légère augmentation (+ 1 % en 2000). L’île de Futuna est desservie par l’aérodrome territorial de la Pointe Vele, comportant une piste en herbe de 1100 mètres.
Le nombre de vols intérieurs a sensiblement augmenté en 2001 (+ 11 %), permettant le déplacement entre les deux îles de 11 641 passagers.

