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XIXème siècle : L’arrivée des missionnaires
Au XIXème siècle, la lutte entre missionnaires protestants et catholiques est rude dans le Pacifique. En 1836, des catéchistes protestants venus de Tonga débarquent à Wallis mais des maladresses leur valent d’être massacrés.
Les Pères maristes, partis du Havre, louent la goélette « Raïatea » à Tahiti. Celle-ci dépose à Wallis, le 1er novembre 1837, le Père Joseph Xavier Lugy et le R.P. Bataillon dont l’ardeur et la connaissance de la langue polynésienne -il est l’auteur du premier dictionnaire Franco-Wallisien- vont amener très vite de nombreuses conversions.
Le 4 novembre 1842, le roi de Wallis, Soane Patita Lavelua, conclut un traité de paix et de commerce avec la France, accompagné d’une demande de protectorat. Louis-Philippe prend acte de celle-ci et lui envoie un fusil à deux coups et un cheval. Avant de débarquer à Wallis, le R-P Bataillon et Monseigneur Pompallier avaient laissé à Futuna le Père Pierre Chanel et son compagnon, le frère Marie-Nizier Delorme, auprès du roi Niuliki, celui-là même qui avait interdit l’anthropophagie en 1830. Le 28 avril 1841, le Père Chanel est assassiné sur l’ordre du roi. Crainte d’une désacralisation du pouvoir royal à la suite des premières conversions ? Conflits de clans ? Toujours est-il que, par la suite, les conversions vont se multiplier. Le Père Chanel sera béatifié en 1889, canonisé en 1954 et déclaré Saint Patron de l ’Océanie. Ses restes, rapportés de métropole en 1977, reposent dans le reliquaire de Poï à Futuna. A Wallis, le rythme des conversions est rapide. A son retour, en 1841, Monseigneur Pompallier peut administrer le baptême à 2 500 Wallisiens. En 1843, le Père Bataillon est élevé à la dignité épiscopale et nommé vicaire apostolique de l’Océanie centrale. Son influence et son autorité sont telles qu’il transforme Wallis en théocratie. En témoigne le code de la reine Amélia, fidèle parmi ses fidèles, prévoyant des amendes pour ceux qui manquent la messe.
Mais ce code imposait aussi le respect d’une morale humaniste (amendes contre le vol, la corruption, la prostitution, les mauvais traitements aux animaux et aux épouses...). Soeur Françoise Perroton, qui assista Monseigneur Bataillon, se dévoua pour soigner et alphabétiser les enfants, inaugurant une tâche qui se prolongea par la création d’écoles primaires et d’un collège à Lano. Tous deux mourront atteints d’éléphantiasis, l’une en 1873, l’autre en 1877. Le consul d’Allemagne aux Samoa fit fonder un comptoir à Mua, le gouverneur des Fidji s’intéressait également à Wallis. Aussi, la reine Amélia en 1886, les rois de Futuna en 1887, renouvelèrent-ils leur demande de protectorat.
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